C- Interview du personnel

Pour mieux comprendre le phénomène du stress dans notre lycée, nous avons aussi questionné les personnes responsables de nous, qui nous voient au quotidien dans notre environnement scolaire. Les questionnaires étaient adaptés à chaque rôle dans le lycée.

Dans l’administration nous avons interrogé le proviseur, le proviseur adjoint, la CPE, la présidente de l’APE. Nous leur avons posé des questions sur le stress qu’ils observent dans le lycée autant chez les élèves que chez les adultes, puis sur leur propre niveau de stress personnel et enfin sur les solutions qu’ils envisagent pour y remédier. Nous avons ainsi identifié trois niveaux de stress : « l’effet établissement », caractérisé par l’ambiance générale à la fois au niveau du personnel et des élèves ; « l’effet classe » qui prend en compte l’ambiance dans la classe toutes matières confondues et « l’effet enseignant » montrant les relations professeurs/élèves autant en cours que dans le lycée.

Dans l’équipe pédagogique, nous avons interrogé essentiellement les professeurs donnant cours à toute la classe : M. Fiorine (Histoire/Géographie S et ES) ; M. Morano (Philosophie S et ES) ; Mme. Planes (Mathématiques S) ; Mme. Toubal (Anglais S) ; M. Amlou (SVT S et ES) ; M. Hauchard (Français S) ; M. Malki (Sciences Physique S) ; M. Bayazid (Arabe LV3). Tout d’abord, nous leur avons demandé s’ils trouvaient les élèves du lycée stressés, puis notre classe, la 1ère S, ensuite leur stress personnel et enfin l’importance des effets cités ci-dessus.

Dans le milieu de la santé, nous avons questionné les infirmières, Mmes. Hayfa et Keilani, et le médecin scolaire, Dr. Aboulabdeh; afin de savoir à quel point le stress est présent dans le lycée et comment il se manifeste physiquement.

Ceci nous a permis de juger le stress à différents niveaux de l’établissement : au niveau de l’administration, au niveau des professeurs et enfin, au niveau du personnel travaillant dans le domaine de la santé.

L’intégralité de ces interviews est disponible ici dans les annexes.

 

Administration

Le niveau de stress au lycée n’est pas le même pour tous les membres de l’administration. Alors que pour le proviseur, le lycée connait le même stress que tous les lycées de l’étranger, pour le proviseur adjoint, il est important et dû à une mauvaise ambiance (le niveau s’est toutefois atténué depuis son arrivée (2009)). Selon ce dernier, le stress est surtout présent chez les adultes du lycée, mais ceci influe sur les élèves. Pour la CPE, il est présent à tous les niveaux contrairement à la présidente de l’APE qui l'observe surtout chez les parents, dans les autres sphères très peu, voire pas assez.

Le niveau scolaire le plus stressé ne fait pas non plus l’unanimité. Pour la CPE, ce sont les plus jeunes et les classes à examen qui sont les plus stressés. Pour le proviseur adjoint, il existe dans tous les lycées un « groupe classe » plus stressé que les autres, regroupant souvent deux niveaux plus agités et stressés. Ici, ce sont les classes de 3eme et 2nde, en raison d'une maturité pas totalement acquise. Selon lui, la société locale déterminerait aussi cette maturité, à travers les libertés accordées par les parents et les groupes d’amis.

Les effets physiques du stress observés le plus souvent par les membres de l’administration chez les élèves sont : les tremblements, un manque de maitrise des émotions et, au quotidien, des absences et des retards fréquents. Chez les adultes comme chez les étudiants, il cause également un énervement plus rapide et de l’agressivité. Pour le proviseur, le stress est quasiment toujours négatif, il ne porte jamais de bons conseils et doit rester marginal. Un élève surmené par le stress ne réussira jamais aussi bien qu’un non stressé, même si certains réagissent bien face au stress en faisant du sport par exemple. Le but commun du corps enseignant est de déstresser les élèves quand ils viennent les voir. Ils cherchent notamment à diminuer le stress induit par le rapport hiérarchique. Toutefois, pour le proviseur adjoint, les élèves ne sont pas particulièrement stressés dans ces situations, surtout si elles deviennent habituelles. Le proviseur adjoint voit en revanche un rapport évident entre le stress et le comportement. Pour lui, par exemple, la violence est presque toujours liée au stress, même si celui-ci peut avoir une origine extra-scolaire. Il faut ainsi souvent rappeler l’élève fautif à l’ordre afin que le règlement s’inscrive dans son esprit. Alors que pour la CPE, il n’y a pas de rapport entre le comportement et le stress. Un élève stressé l’est « naturellement » et cela n’influe donc pas sur son comportement.

Pour le proviseur adjoint rien de notable n’est fait pour gérer le stress, tout comme pour la CPE. Pour ce premier on pourrait faire quelque chose, mais il manque déjà un contact élève/professeur/administration. En dehors du contact professionnel, les relations sont très froides. Pour la CPE, il doit être géré au niveau individuel, mais des conférences pourraient apporter une aide. Le proviseur considère qu’il essaye déjà de lutter contre le stress, même si c’est très peu perçu : il permet aux élèves d’assister aux conseils de classe, il estime être positif dans l’appréciation générale, être à l’écoute de tous et particulièrement des élèves en difficulté en favorisant le dialogue. La réforme actuelle du lycée favorise tout ceci et lui parait positive.

Nous leur avons ensuite demandé ce qu’ils voyaient comme façons de remédier au stress au LCDG. Pour le proviseur adjoint, il faudrait améliorer les relations, instaurer des cellules psychologiques, mais il n’est pas certain qu’elles auraient un effet important car elles seraient trop institutionnelles. Pour le proviseur, l’élève doit tout d’abord avoir un objectif en venant au lycée, il doit être soutenu par tout le personnel : le contact entre l’élève et l’établissement doit être fort. La confiance en soi est importante, l’élève doit apprendre à visualiser les exigences du lycée et des examens sans les appréhender. L’ambiance de la classe est aussi très importante. Mais l’importance de déstresser est importante aussi pour les adultes, comme nous le rappelle la présidente de l’APE, car leur stress a de grandes répercussions sur les élèves

 

Equipe pédagogique

En général les professeurs trouvent les élèves peu stressés, plutôt moins d'ailleurs que dans les autres lycées où ils ont enseigné. Toutefois, pour certains, ils le sont beaucoup et ceci leur fait perdre tous leurs moyens. Il ne faut pas oublier l’aspect positif du stress, ni le fait qu'il n’a pas la même origine ici qu'en France. Ici, il est plus lié aux notes et à la pression familiale ainsi qu'à la langue française, qui n’est pas toujours parfaitement maitrisée. La première S de cette année est perçue comme moins stressée et même comme "pas assez stressée" pour certains, sous-entendant qu'elle ne travaillerait pas assez.

Le niveau le plus stressé n’est pas le même pour tous les enseignants : pour un groupe de professeurs, il s’agit des classes de Terminales. Ces classes sont aussi plus mûres et se rendent compte de l’enjeu de leur scolarité. Ces classes stressent aussi les professeurs car les résultats ont beaucoup d'importance. Pour un autre groupe, il s’agit des classes à changement : la 6eme et la 2nde, à cause de l’entrée dans un nouveau cycle, les élèves n'ayant pas autant l’habitude de gérer le stress que les autres.

Quand nous leur avons demandé s’ils stressaient eux-mêmes, la quasi-totalité a répondu qu’uniquement pour certaines classes, où l’ambiance est certainement moins bonne. Ils disent qu’ils essayent de ne pas montrer leur stress aux élèves car celui-ci se répercute sur eux.

Tous nous confirment l’importance des effets "professeur", "établissement" et "classe", en insistant sur le fait qu’une bonne ambiance est très profitable à tous, mais qu'il ne faut pas négliger le rôle de l’établissement et des relations avec l’administration qui sont parfois tendues ici. Il faut aussi remarquer que, étant à l’étranger, les résultats aux examens sont plus importants pour l'image du lycée et créent donc un stress supplémentaire à tous les niveaux.

Pour tous, il faudrait faire quelque chose pour y remédier, mais le plus important reste d’avoir une bonne entente à tous les niveaux du lycée, peut-être en créant des relations moins froides grâce à des contacts extra-scolaires. Un minimum de stress est indispensable, mais il faudrait changer sa nature : il est trop lié aux notes et à la pression de l’entourage, alors qu'il devrait l’être par rapport au travail en continu et être personnel à l’élève.

Ainsi les professeurs ont un avis assez homogène : ils insistent sur l’importance d’avoir de bonnes relations dans l’ensemble de l’établissement, qui n'existent pas toujours, ainsi que le fait que le stress peut être positif mais qu'il est en général causé par les mauvais facteurs et donc mal réparti.


Milieu de la santé

Notre rencontre avec le médecin scolaire nous a essentiellement aidés dans les causes du stress lycéen, ainsi que dans les solutions à apporter. Cela fait très peu de temps qu'il exerce au LCDG, il ne connaît donc que peu les élèves. Il trouve cependant que les élèves plus jeunes (8-10 ans) sont plus stressés que les lycéens. Selon lui, à l’adolescence, c’est essentiellement la qualité de la communication qui influence le stress.

Les infirmières confirment le grand nombre d’élèves stressés, surtout pour les contrôles. Ces élèves le déclarent soit d'eux-mêmes, soit ce stress est visible par différents symptômes. Dans ce cas, elles affirment qu'il faut parler à l’étudiant, le rassurer en essayant de déterminer le niveau du stress. Si celui-ci est haut, il faut alors établir un contact avec la famille et l’administration.

Selon le corps médical, il n’y a rien de mis en place dans le lycée afin de lutter contre le stress, mais le service de santé n’est implanté ici que depuis 3 ans et il n’y a pas les mêmes dispositions qu'en France. Ils relèvent qu'il ne faut par ailleurs pas oublier que le stress provient aussi du milieu extra-scolaire et se répercute ensuite au lycée. Selon eux, les plus stressés sont les plus petits et les classes à examen, ainsi que les nouveaux arrivants. Ils indiquent enfin que le stress au lycée est également dû au manque de temps de repos avec des emplois du temps trop chargés et une mauvaise hygiène de vie.

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